Au delà de l'Arche des Mondes, il y a le rêve...
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L'Histoire Contée
La Génèse
Psaume du Calice
Don aux Songeurs
Prélude au Cataclysme
Héritage Duarn
Ere des Oubliés
La Longue Guerre

L'Histoire Véritable
Histoire Vraie

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Histoire du continent Kaoran


Telle qu'elle est contée par les Dieux.

La Génèse.

Au commencement était un chaos, le choc cyclique des particules et des Energies. Le Vouloir et le Pouvoir s'affrontaient sans cesse dans ces ténêbres primales, ou aucun matière n'éxistait encore.
La lutte éthérale de ces deux énergies avait donné naissance au Songe, la force de l'esprit, de la pensée et de la spiritualité. Une sagesse primaire et pourtant omnisciente. La première Etincelle de Vie se forma ainsi, alors que le Songe se rassemblait en un Flux qui fut nommé Chant des Songes par les différents êtres pensants qui viendraient bien plus tard, les Songeurs.
Cette puissance universelle de Vouloir et de Pouvoir vit alors la Première Naissance.

Au coeur même du Chant, trois consciences apparurent ensemble, sans doute née du Vouloir, trois volonté, qui sous l'effet du Pouvoir et du Chant, agissaient et penssaient.
L'une d'entre elle se nomma Maukrim, sombre et inquiétant, symbolisant les ténêbres primales.
La seconde était aussi lumineuse que Maukrim était sombre, radieuse et puissante. Elle se nommait Anthéna.
Avec eux arriva celui que l'on dénommerait Architecte, Keränos le Silencieux, celui qui devait introduire le premier Fil dans le Canevas des Vies.
Les trois consciences se concertèrent et s'entendirent, mûes par un objectif qu'eux seuls connaissaient et comprenaient.

Ils concentrèrent le Chant en un flux unique, et l'enveloppèrent, le lovèrent, le modelèrent, jusqu'à ce que naisse en son coeur l'Ecrin, le réceptacle qui contiendrait ce qui serait bien plus tard nommé Kaor...
L'Ecrin reçu le don de la Lumière et des Ténêbres, ainsi que des lois physiques décidées par les Trois, mais surtout, du Temps et de la Destinée.
Tout s'enclenchait, et Keränos, avec l'aide d'Anthéna et Maukrim, venait d'introduire le premier Fil dans le Canevas de la Vie, le cours du Destin.
L'Ecrin était désormais bercé au coeur du Chant des Songes. L'Ordre avait rejoint le Chaos, et le Chant fluctuait vers un Equilibre parfait.
Keränos avait recueilli dans le Calice les résidus épurés de l'énergie dégagée par les Trois lors de leur usage du Pouvoir, du Vouloir et du Chant, pour l'édification de l'Ecrin.
Les Trois se rassemblèrent alors de nouveau, sous l'instance de l'Architecte, et celui-ci leur offrit le Calice.



Le Psaume du Calice.

Keränos expliqua son dessein à Maukrim et Anthéna. Il désirait créer par le Songe épuré d'autres consciences, dont le but serait de garder sauf le Chant et modeler l'Ecrin. Anthéna et Maukrim en furent d'abord sceptiques. L'Architecte leur offrit donc un aperçu de la puissance du Calice.
Se servant des pouvoirs de celui-ci, il modela dans le Songe une conscience proche de la perfection des Trois, et la nomma Këtharàn. Celui-ci devait par la suite être considéré comme le patriarche des Dieux, le premier enfant de Keränos.
De nouveau, les Trois modelèrent de concert le Songe, catalysé par le Calice, et en firent naître les consciences que les Songeurs nommeraient Dieux. Puis ils les réunirent, et leur confièrent la tâche de modeler à leur tour et protéger l'Ecrin.

Tandis que Keränos veillait sur les jeunes Dieux, Anthéna et Maukrim se servirent eux même du Calice, sur l'invitation de l'Architecte. Ils donnèrent naissance aux Etres de Lumières et de Ténêbres, les Célestians et les Daemons. Ceux-ci avaient devoir de veiller à la présence de la Lumière et des Ténêbres, diamtralement opposées dans la Cosmologie du Chant, mais pourtant impossible l'une sans l'autre. L'importance de ce devoir était aussi grande que l'Equilibre confié aux Dieux.
Ainsi avait eu lieu la Seconde Naissance, celle-ci augurant déjà de la Troisième, tant le Premier Fil brillait sur le Canevas de Vie.

Sous l'enseignement du sage Keränos, les jeunes Dieux insufflèrent leur force à l'Ecrin. Ils façonnèrent l'univers, placèrent les astres et le soleil, étoile de Lumière Brûlante, création d'Azurian. Un astre leur requit plus d'attention encore, car l'Architecte l'avait fait placer au centre de l'Ecrin. Ils lui donnèrent le nom de Kaor, ce qui signifiait: Coeur.
Ils le dotèrent d'abord de deux lunes, l'un pâle et l'autre sombre, bijoux de Selenaë et Këtharàn, pour rappeler l'alliance des Trois. Puis ils insuffèrent la vie, les mers et la terre, les montagnes et les forêts, les plantes et les animaux, le cycle des saisons, les marées, les éléments... Un Equilibre naturel, une paix animale et végétale.
Un monde qui les amena tous à joindre leurs mains et chanter à la gloire du Coeur, à la gloire de Kaor.

Pourtant, ils allaient faire la plus grande erreur de toute la Création.
C'est ainsi que la pensée des Dieux rejoignit le Chant des Songes, et que leur Essence y fut à jamais mêlée. Désormais, ils étaient part de Kaor, autant que Kaor était part d'eux-même...


Le Don des Songeurs

Le pouvoir créateur attisa l'interêt de certains ambitieux parmi les Dieux. Le Désir le plus grand de Ka'Zärith, la protégée de Maukrim était d'atteindre le rang de son illustre "père".
Trompant la vigilance et la confiance de Keränos, la déesse déroba le Calice...
A ce moment de la Création, Kaor était une terre neuve, sauvage, seulement peuplée d'animaux et de végétation.
Les Dieux étaient alors libre d'errer à leur guise tant qu'ils ne détournaient le Chant à leur profit. Mais Ka'Zärith était grisée par sa réussite trop facile et voulu sur le champ expérimenter sa découverte, caressant le rêve secret de pouvoir grâce au Calice dominer Kaor.
Elle rassembla ses frères et soeurs et leur offrit de lui prêter allégeance, en échange du droit de se servir du Calice pour se constituer une armée de serviteurs dévoués.

Nombres de Dieux furent horrifiés par l'affront et le crime de Ka'Zärith envers les Trois et les Lois imposées aux Dieux. Seuls Rènak, Odargir, Ar'Zekhèn et Aràn se rallièrent à l'Enfant de Maukrim. De cette alliance et de l'utilisation du Calice qui en résultat naquirent notament les géants, les aranos et d'autres créatures monstrueuses. Ils constituaient l'armée qui devait à Ka'Zärith la domination entière sur Kaor.
Mais la Dame des Ombres n'avait pas hérité de la sagesse qui était le don d'Eselmir ou encore de Këtharàn, et elle commit une erreur indigne d'une déesse.
Assoifée de pouvoir et d'ambition, elle alla trouver Azuràn le Flamboyant, car elle désirait dominer le jour pour mieux apporter la nuit. Celui-ci la repoussa d'un rire fier et brûlant de mépris enflammé, le Prince de l'Aube ayant toujours été un rival de la Dame des Ombres.
Mais Ka'Zärith portait le Calice, l'énergie concentrée du Chant, et par la fureur, détruisit dans un cataclysme retentissant l'Essence d'Azuràn, apportant une nuit profonde sur Kaor, qui ne dut plus sa lumière qu'à Këtharàn, qui fit briller un peu plus sa lune, celle de Selenaë dépendant du soleil d'Azuràn.

Kaor pleurait, et les Dieux qui n'étaient alliés de Ka'Zärith se rassemblèrent. Tyralion et Moralion criaient vengeance pour leur frère, et malgré l'immense sagesse de Këtharàn et Eselmir, eux-même tremblaient de douleur et de colère. Il fut décidé la première guerre qui jamais secoua Kaor, la première et celle qui donna naissance au Kaor actuel.
Bien que le Calice fut propriété de Ka'Zärith, les Dieux conjuguèrent leurs pouvoirs, pour faire naître à leur tour une armée de serviteurs venus du Chant. Ainsi naquirent les Dragons, les Wolfars, mais aussi et surtout, un peuple dont le nom s'est perdu dans les âges, et qui donnerait bien plus tard naissance aux silves, aux dweorns, aux gheists, aux brekhens et aux humains.
Rassemblant leurs immenses armées dominées, les Dieux se firent face en plein coeur de Kaor, il semblait que le seul vainqueur de ce jour funeste serait Ka'Theràin, le Gardien des Morts... Mais alors que les armées s'élançaient, les cieux s'ouvrirent pour laisser place aux Trois, et le Calice se brisa entre les mains de Ka'Zärith. Azuràn brillait de milles feus reconstitués aux côtés d'Anthéna. Leur puissance et leur majesté suffit à faire s'agenouiller les centaines de milliers de combattants jusqu'à Ka'Zärith elle-même, malgré sa haine.

Keränos décreta que plus jamais les Dieux ne pourraient errer en Kaor sous leur forme physique, et que plus jamais homme ni Dieu n'aurait connaissance du Calice. Il exila les Dieux dans le Chant, hors de l'Ecrin, leur ordonnant de retourner à leur tache originelle, gérer l'Ecrin lui-même en lui insufflant leur force. Mais, impressionné par leurs créations, il leur permit aussi de leur servir de guides...
Mais surtout, il offrit aux Races assemblées le plus beau de tous les présents, issu du Chant: le Songe.

Libres de penser et d'agir par eux-même, ceux qui étaient désormais les Songeurs pouvaient désormais peupler et écrire l'histoire de Kaor, tels que les Fils s'enlaçaient déjà sur le Canevas de Keränos le Sage... Celui qui savait depuis le début...



Prélude au Cataclysme

Les peuples enfin libérés grandirent et multiplièrent les expériences. Tels des enfants capricieux, ils suivirent de nombreux chemins, découvrirent les confins de leur monde, s'allièrent et s'entredéchirèrent.
De nombreux empires s'élevèrent et retombèrent. De nombreux héros nacquirent, écrivirent leur légende, et mourrurent.
Les mers ne séparaient pas vraiment les peuples et le commerce connut un essor propice et fulgurant, au rythme des découvertes. Les dweorns se signalèrent par leurs édifications de pierre et leurs joailleries. Les brekhens inscrivirent leur nom en lettre d'acier, maîtrisant la forge et les arts de la guerre. Les gheists devinrent maître de l'élevage et de la cultivation. Les silves s'écartèrent par leur retour à la nature, leur usage des cristaux et leur crises intestines qui les séparèrent en deux peuplades ennemies...

Et les humains au milieu de tout celà ? Par leur curiosité, leur adaptabilité et leur soif insatiable de suprématie, ils apprirent pendant des dizaines de milliers d'années, améliorant les connaissances des autres peuples et s'en servant pour des causes souvent vénale, parfois juste. De nombreuses cultures en découlèrent, de nombreuses guerres aussi... Ils étaient bien souvent la pierre angulaire de tout commerce, voyageurs téméraires, repoussant les limites des distances. Huit millénaires avant le cataclysme, un empire dont le nom sombra dans l'oubli instaura le cristal comme monnaie d'échange universelle, un mode de troc qui perdure encore jusqu'à ces derniers jours.
De nombreuses légendes coururent sur la découverte de l'Art par les peuples, mais l'on sait que l'on marque dans toutes les histoires ce jour d'une pierre blanche. Il en découla la création d'un sanctuaire que l'on nomma Ceann Maga, et les jours qui suivirent cette renaissance furent dénommé Ere des Eveillés. Les historiens s'accordent à placer le début de cette ère vingt millénaire avant le Cataclysme.
Alors qu'avant le don de l'Art aux Songeurs, seuls les serviteurs des divinités se voyaient apte à saisir les subtilités du Songe et le manipuler sans grande envergure, l'Art se démocratisa rapidement, et de nombreux empires se bâtirent sur sa puissance. Des lieux et des objets de pouvoir furent à l'origine de conflits sanglants et de découvertes marquantes. Les forces manipulées par les Tisseurs, adeptes de l'Art, ne cessèrent de grandir.

L'Art devait à jamais marquer la face du monde. Les serviteurs terriens des divinités, froissés de voir leur distinction offerte à d'autres, parfois à des incroyants, lancèrent une croisade depuis les ombres contre ces Tisseurs qui "corrompaient" l'énergie primordiale. Un long conflit larvé entâcha des générations durant les relations des deux factions, jusqu'à la création par un Tisseur dénommé Sidheliàn d'un ordre appelé à conjuguer les deux aspects : le divin et la force brute. L'Ordre Sidh connut un succès rapide, apaisant le conflit, et devint rapidement le garrant de la sauvegarde des utilisateurs de l'Art, prônant la connaissance et la sagesse.

Il n'y avait pourtant aucune limite aux actes perpétuables par un Tisseur, aucun garde fou face aux énergies destructrices manipulées. Ils modelaient le Songe pur, le créaient même pour les plus puissant d'entre eux, et n'étaient retenus que par les contingences humaines. Beaucoup règnaient en tyran parmi ceux qui ne disposaient pas d'une once de ce pouvoir.
Les sybillaï étaient une peuplade humaine matinée à laquelle l'Art se révélait instinctif, naturel. La puissance de cette peuplade ne cessa de grandir avec le développement de ce peuple, et ils fondèrent un vaste empire sur leurs connaissances et leur puissance, un empire si vaste qu'à son apogée, il couvrit quasiment toutes les terres connues, à l'exception de rares royaumes éloignés, de petits empires guerriers et de terres inhospitalières. Les plus puissants Tisseurs se voyaient placés à la tête d'une organisation échelonnée, hiérarchisée, basée sur l'étude de l'Art et la somme de connaissance et de maîtrise rassemblées. Tous les peuples, toutes les ethnies rencontrées se vurent rattachées et intégrées de gré ou de force dans le dominateur Empire Sybillaï.
Au coeur de tout celà, malgré le haut niveau de culture des sybillaï, un apartheid silencieuxse formait entre les Tisseurs, les "Eveillés", et les non-tisseurs, les "Sourds". En effet, seuls les Eveillés pouvaient acceder aux hautes sphères du pouvoir de l'Empire, et bien souvent, toute peuplade conquise voyait ses potentiels de Songe partir vers les grandes cités de l'Empire, le reste étant réduit à l'état d'esclave sans plus de statut que des animaux.

Malgré tout, la civilisation sybillaï resta puissante pendant trois millénaires, luttant contre ses fluctuations de corruption, de décadence et de catastrophes d'Art, et la puissance des Tisseurs sybillaï ne cesa d'augmenter. Ils commandaient à de véritables villes volantes, disposaient d'armadas de milliers de navires aériens, créaient des êtres de chair animée, dominaient les Ether les plus puissants... tout comme les derniers dragons et géants. Rien ne leur semblait infaisable, hormis dépasser leur condition de mortel.
C'est ce qui poussa l'ArchiTisseur Amaireagar a parfaire sans cesse son art. Bien que tous ceux de son époque le placèrent au sommet des adeptes de l'Art de son temps et des vingt générations précédentes, il voulait à tout prix laisser une marque éternelle, indélébile, dans l'histoire de l'Art. Cette ambition folle l'amena peu à peu à l'obscession de la puissance, obscession qu'il dveloppa jusqu'à être sûr de pouvoir atteindre le statut divin.
Il organisa alors avec ses élèves un puissant rituel qui devait l'investir d'une puissance jamais imaginée, une énergie quasi-divine, qui ferait de lui le seul dieu vivant sur Kaor, et le rendrait définitivement mortel...

Et ce rituel fonctionna... Il fonctionna même si bien qu'Amaireagar absorba assez de Songe pour s'en gorger et atteindre le statut recherché... mais il ne put alors s'arrêter à temps, et continua d'absorber le Songe autour de lui, ce qui déséquilibra le Chant. Partout dans l'Empire sybillaï, des catastrophes se déclenchèrent lorsque les puissants tissages qui formaient la base de toute la puissance sybillaï se dénouèrent. Les puissantes cité-volantes tombèrent sur les terres et dans les flots, les golems et les créatures invoquées se retournèrent contre leurs maîtres...
Pire encore, le vortex qu'était devenu Amaireagar créa un accroc qui déchira le Chant des Songes. Tout Songe, même l'Essence qui forme le ciment de toute chose commença à s'extirper vers le vortex, volant la vie d'abord des apprentis, puis de tout être vivant dans la grande capitale impériale, puis de la terre elle-même.. toujours plus loin... La chaleur dégagée provoqua une fonte fulgurante des glaciers des pôles et des très hautes chaînes de montagne, et en l'espace de quelques heures, les eaux des mers montèrent de deux centaines de mètres, provoquant tremblements de terres, éruption volcanique et raz-de-marée partout en Kaor.

Nul ne sait vraiment ce qui se produisit ensuite, mais les sages sont en mesure de dire que les rares cartes célestes survivantes à ce que l'on appelle encore aujourd'hui le Cataclysme ne sont plus utilisables aujourd'hui, nos constellations ayant changé. Les gens du peuple pensent eux que les Dieux, ou Keränos lui-même, intervinrent pour stopper le phénomène. Les Tisseurs d'aujourd'hui affirment eux que le vortex finit par exploser, propulsant la planète hors de son orbite... mais je ne comprend pas la moitié de leur charabia...
Qu'importe, en vérité... L'aube suivante n'était que désolation sur toute la planète. L'Empire sybillaï n'était plus, ses vestiges gisaient sous les océans, et les rares terres émergées accueillaient une poignée de peuplades livrées à la barbarie d'un monde revenu à ses origines sauvages...



L'Héritage des Duarns

Le Cataclysme avait laissé chaos, destruction et famine. Les derniers legs émergés des sybillaï disparurent dans le soulèvement des peuples revenus aux prémices des civilisations. Seuls deux continents restaient, tels deux géants de roc épineux affaiblis, se regardant renaître.
Pour mettre fin à la décadence de l'Art, les derniers Tisseurs se réunirent à la Ceann Maga, désormais cîse au coeur d'une île sauavge de roc et de lande. Ils s'astreignirent alors à un puissant tissage qui instaura les gardes-fous de leur étude, empêchant leur talent d'être omnipotent. Ainsi apparût le Serment de l'Assemblée, exemple qui fut repris rapidement par les clergés, le Conclave Druidique et l'Ordre Sidh.
Avec le Serment apparût au grand jour ce que l'on nomme Souillure, la marque du Songe corrompu par ceux qui le salissent et l'usent pour affaiblir le Chant.
Un petit groupe de Tisseurs refusa de prêter le Serment. L'Assemblée nouvellement recréée, et plus particulièrement son Premier Cercle, les plus puissants d'entre eux, se virent alors en proie à des attaques constantes des dissidents, décidés à conserver leur "gloire" et leur puissance. Une faction de l'Assemblée, menée par un jeune Tisseur dénommé Owein, finit par mettre en déroute et chasser pour un temps ceux qui prirent alors le nom d'Oubliés.

Dans les années qui suivirent le Cataclysme, une maigre flotte de navires branlants, aux voiles déchirées, accosta sur les côtes sud du continent de Kaor. Fervents croyants, ils convertirent rapidement les quelques peuplades locales autour de leur foi et de leurs traditions, faisant naître le plus ancien de tous les royaumes kaorans : Azuréa.
Sur l'autre continent, un peuple puissant utilisa son héritage sybillaï pour fédérer les tribus alentours, prenant pied sur Kaor par le biais des liens du sang. L'Empire zaerthian s'éleva pour reprendre le flambeau sybillaï, mais le caractère farouchement indépendant des peuples kaoran, et la montée en puissance des duarns, discuadèrent ceux qui conquérirent en une vingtaine d'année un continent presque entier de s'interesser au second.
On estime à cinquante années après le Cataclysme l'évènement qui précipita l'ascencion d'une nouvelle puissance sur le continent de Kaor. Des plaines étendues du centre du continent nacquit un puissant chef de guerre, maître cavalier et guerrier indomptable : Arkaer Sangdragon, seigneur du clan Duarn. Remportant victoire avec victoire, par la voix ou l'épée, il se tailla un territoire digne d'un roi, un territoire qui couvrait l'actuelle étendue des Marais de Longsanglot et des plaines les jouxtant à l'est.

Les duarns et les clans affiliés le reconnurent comme souverain, et Arkaer entreprit d'unifier tous les clans, de toutes les terres connues, ce qui alors limitaient l'espace, mais n'en rendait pas pour autant la tâche ambitieuse. Ambition ou folie ? Nul ne le sut. Arkaer mourrut d'une fièvre fatale à l'aube de ses trente années, non sans avoir étendu les frontières de sa gloire jusqu'aux Marches de Kaor et aux portes d'Azuréa.
Son frère, Kaëdin, que l'on appela le Bâtisseur, lui succeda et amena le royaume jusqu'à ses plus longues extrémités. Des villes et des sanctuaires furent érigés, de pierre et de bois, et la culture duarn se répandit jusque dans le nord barbare. Kaërdin donna son nom à un territoire conquis, une terre épaisse, parsemée de bosquets anciens et marquée par le Songe. Ses habitants, de farouches guerriers aux visages peints, devinrent les Kaer, mêlant leur culture tribale, héritée de bien avant le cataclysme, aux nouveautés des hommes de la plaine. La dynastie duarn s'installa ainsi sur un trône de pierre durant trois cents années...

Une erreur de jugement précipita la fin des duarns. En proie à la rebellion de son plus fidèle et puissant vassal, que la légende connait sous le nom de Sethrässan Sangdragon, loitain décendant du premier SangDragon, et héritier du trône, le roi Gaälhräd, oncle du félon, fit appel à un groupe de Tisseurs non affiliés à l'Assemblée. Nul n'est à ce jour en mesure de dire ce qui se passa, mais le mythe raconte que les Tisseurs se livrèrent à de nombreuses exactions, manipulant le roi et tyranisant ses sujets. Ils préparèrent un puissant rituel pour mettre fin à la guerre civile, rituel qui corrompit la terre et les hommes, éttouffant leur essence ou la soufflant comme flammèche...
C'est ainsi que se forma le Marais de LongSanglot, désolation brumeuse, résultant d'un usage imparfait et inconscient de l'Art, plaie purulente sur le flanc de Kaor, et ainsi mourut l'Empire duarn, ses forces vives emportées dans une nouvelle tragédie.
Le royaume réussit à tenir quelques années, mais aucun véritable chef ne se dégagea, et tout finit par s'écrouler. Privées du grand centre culturel et commercial qu'était Ysdeen, la capitale, toute l'économie de l'ouest du continent s'écroula. L'écoulement des marchandises et des connaissances se déplaça vers le Sud et les royaumes florissants de Lyrth et d'Azuréa, les deux symboles de stabilités.

Dans les plaines, qui formaient l'ancien coeur du royaume duarn, les clans se reformèrent, retrouvèrent la science du cheval, et reprirent la vie nomade de cet habitat de roc et d'étendues immenses. La nature recouvrit les routes et les édifices de pierre, légués au temps. Au nord, villes et villages apprirent à vivre en autarcie, profitant des ressources à leur portée. Kaerdim reçut le soutien de ses voisins insulaires, et les traditions des deux peuples se mêlèrent. Dans les montagnes de Duarnaigh, les seigneurs locaux se livrèrent à de vaines batailles d'influence pour le contrôle des sanctuaires religieux, portant avec fierté leurs couleurs...
Malgré tout, les duarns léguèrent bon nombre de traditions orales et écrites à leurs descendants, traditions qui se firent les bases législatives, culturelles, politiques, de la plupart des royaumes qui virent le jour par la suite. L'alphabet duarn toujours dans toutes les langues des peuplades humaines qui vivent sur les terres autrefois duarn, tout comme les traditions mi-clanniques, mi-féodales.

Pendant toutes ces années, les peuples autres qu'humains avaient suivi l'effervescence avec un regard presque habitué. Les gheists et les dweörns se mêlèrent aux humains, commerçant, enseignant, étudiant. L'alphabet duarn a ainsi hérité de nombreuses caractéristiques de l'alphabet dweörn. Plus isolationistes que jamais, les silves se retranchèrent dans leurs habitats de bois et de montagnes, s'invitant parfois à la table des autres peuples lorsque le besoin s'en faisait sentir. De nombreux clans brekhens participèrent à l'édification du peuple duarn. On leur doit la redécouverte de nombreux savoirs artisanaux, notament en forge, jusqu'à ce qu'un souverain duarn particulièrement mal incliné ne les fasse chasser et n'instaure cette relative animosité entre les deux peuples.

Il ne fait pourtant aucun doute que l'ascencion duarn doit beaucoup aux autres peuples, et que ceux-ci surent y trouver leur place aussi bien que les humains. Suite à la chute des Duarns, un royaume gouverné par des dweörn réussit à survivre plusieurs dizaines d'années avant de trébucher sur ses propres fondations, disparaissant sous les assauts de tribues barbares.
En Zaerth, enfin, une nouvelle dynastie s'instaura 78 années après la chute des duarns, profitant de la décadencede la première, et annonçant un nouvel âge d'orpour l'Empire de l'Est, dont les frontières vinrent lêcher le continent kaoran.
Ce chaos en dissimulait pourtant un bien plus grand à venir...



L'Ere des Oubliés

Les siècles qui suivirent s'inscrivirent dans une droite ligne d'apogées et de décadences. Roi et empereurs se firent à la pointe de l'Art ou de l'épée pour mieux mourir par la dague ou le poison. Des dynasties s'effondrèrent dans la décadence, la corruption et le sang.
De nombreuses légendes relatent les actions désespérées de héros de ces temps perdus, mais une seule ne tient pas du tout du mythe.
On ne saurait le dater, mais un temps vint où de forts remous dans le Songe parvinrent à l'Assemblée, établie à la Ceann Maga. Dans le nord, bien au delà des terres connues, bien au delà des montagnes jamais franchies, de puissants tissages étaient à l'oeuvre, destabilisant le Chant jusqu'à rendre fouceux qui tentaient d'étudier le phénimène

L'Assemblée s'éleva alors contre toute étude approfondie, déclarant le phénomène trop dangereux, mais le jugeant trop lointain pour être menaçant. L'un d'entre eux n'était pas de cet avis. Dakanoër, car tel était son nom, prit le parti contraire, argumentant que ces remous étaient le signe d'une activité néfaste pour Kaor et pour le Chant des Songes.
Il entreprit d'étudier seul cette note discordant du Chant, et découvrit bien plus qu'il ne voulait en voir. Se risquant aux limites de la folie, il observa le combat brut de puissantes masses de Songe pur, autour d'un vortex reliant l'Ecrin au Chant même, une voie à double sens qui déversait déjà sur Kaor mânes et autres Ethers, créatures dévoreuses de Songe.
Dakanoër s'alarma, en appela à la sagesse de l'Assemblée. Mais devant le danger et le refus catégorique de l'Assemblée, inquiète du peu de contrôle possible de la situation, Dakanoër comprit qu'il devrait agir seul et mettre en oeuvre des pouvoirs hors de ses possibilités actuelles. Il étudia longuement avant de choisir sa voie, et décida de mettre à bas ses gardes-fous pour mieux lutter contre la menace. Il passa outre la promesse de banissement de l'Assemblée, la réprobation de son ancien maître, Olwein, sage de l'Assemblée, les supplications de ses propres élèves... Le rituel qu'il entama, dérobé aux combles de la Ceann Maga, lui permit de briser ses chaînes au prix de sa place parmis ses pairs.

Il devint un Oublié sans en partager les idéaux, s'ouvrant à un pouvoir interdit. Concentré sur son but, il ne perdit pas de vue que ce pouvoir sans limite qui s'offrait à lui, la raison de la chute des sybillaï, ne devait servir qu'en un unique objectif : refermer la plaie qui affaiblissait le Chant des Songes.
Il entama un long voyage dans le Nord, et nul ne le revit de mémoire de songeur.
Ce qui se passa dans l'immensité immaculée des glaciers n'est connu que de rares êtres seulement.
Dakanoër lutta pied à pied avec les mânes, détruisant leur essence pour ne point voir la sienne dévorée, pour parvenir enfin au vortex. C'est alors qu'un violent trouble dans le Chant lui fit comprendre la véritable empleur de la situation. Sous ses sens réunis, le Chant se délitait, l'accroc grandissait et s'ouvrait sur un paysage désolé, gris et brûme mêlé, la fine couche entre Ecrin et Chant : la Voie des Songes. Par delà les brumes du vortex, une présence d'une infinie puissance grandissait lentement, se gorgeant d'une autre masse d'énergie brute, comme un vampire boirait le fluide vital d'un être de sang.
Dakanoër comprit que ces deux masses de Songe en ébulition n'étaient autre que des dieux, et que l'un d'entre eux, le plus sombre, le plus glacé, était à l'origine de ce trouble évanescent. Alors que son esprit semblait se distendre sous les affres de la folie devant cette puissance inimaginée, il réalisa ce qui l'avait amené ici : le Chant lui même criait sa douleur, et la seconde masse d'énergie semblait lui être inexplicablement liée. L'équilibre serait rompu si jamais celle-ci venait à disparaitre.
Abandonnant ce corps trop restrictif, il s'insuffla dans le flux d'énergie absorbé. Bien que sa volonté fut quasiment réduite à néant sur ce fait, il parvint à retourner le flux, permettant à la première divinité de retrouver sa consistance rapidement. Celle-ci, de rêves et de murmures faite, s'éleva alors de nouveau contre la pénombre dominatrice, englobant et consumant en son sein ce qui avait été Dakanoër. La lutte reprit mais, amoindrie, surprise, l'énergie glaciale rompit le combat. Le portail se referma d'alors sur lui-même...

L'équilibre revint, mais les moyens relancés par Dakanoër amenèrent les Oubliés à ressortir de l'ombre. Quatre siècles avant notre ère, un puissant Oublié que l'histoire nomme Arkaël, nom qu'il se choisit en comparaison au fondateur du royaume duarn, parvint à rassembler plusieurs clans du nord barbare sous sa bannière. Ses tissages l'aidèrent à solidifier son royaume, et il se fit bâtir un monstrueux palais de crocs et de dards d'onyx, à l'image de son blason, l'aranax, et à sa propre gloire. Ce symbole de pouvoir portait le nom de Sykeria.
Il rassembla de puissants Oubliés et les coordonna, promût le culte de la Dame Noire, Ka'Zärith, au rang de religion officielle, et étendit son influence jusque dans les Marches de Kaor. Très vite, cavaliers de la Cavalcade et soldats du vieu royaume d'Uskandar, terre de paysans simple et travailleurs, virent flotter les vaisseaux volants aux voiles noires, funestes cygnes de ténèbres, proues des forces d'invasions du royaume de Syk, à leurs frontières.
Malgré tout, les armées Syk ne descendirent jamais plus au sud, hormis de fréquents raids sur les positions frontalières voisines, grapillant chaque années plus de terrains.
Les années s'amoncelèrent avec cette constante menace d'invasion. Arkaël, à qui le temps ne semblait pas faire effet, s'évertua à cimenter son royaume tout en durcissant sa politique intérieure. Esclavagisme forcené, déséquilibre de la société, racisme et xénophobie, fanatisme religieux. Pour les nantis, Sykeria devint un nouveau pôle de richesses, de talents, de culture. L'Art s'y trouva exploité à sa pleine puissance. Pour les malheureux qui occupaient le bas de l'échelle sociale, famine, répression sanglante et esclavagisme étaient le pain de chaque jour.

Un siècle et quatre vingt années passèrent sans que nul ne put contester la puissance de Syk et de ses princes tyrans, tous en vinrent même à en profiter...



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  • 11 Décembre 2007
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